LES ACTES DE JUSTICE DE JADIS.

16/7/1493

Le Parlement de Paris confirme la sentence prononcée par le présidial de La Rochelle à l'encontre d'un nommé Beliart, accusé de plusieurs larcins. Il est condamné au fouet nu par les carrefours de la ville et aux endroits de ses vols, puis il aura une oreille coupée et sera banni à toujours de la ville et gouvernement de La Rochelle.

28/2/1519

Un décret de la chambre des comptes autorise les bourgeois à ne pas se présenter aux exécutions de la justice du Roi. En 1406, des lettres patentes, de Charles V, les dispensaient également d'assister aux supplices.
Ces spectacles avaient l'action salutaire de freiner les âmes perverses mais l'énorme inconvénient de durcir le coeur du peuple par ces scènes atroces accompagnées bien souvent d'actes de raffinement dans la cruauté.

17/7/1550

L'official (composé de 4 prêtres et 2 procureurs de la cour de l'église) juge une femme bigame. Elle sera condamnée à rester 4h attachée à un poteau devant la porte des maisons épiscopales avec un écriteau portant l'inscription : la femme à deux maris, puis condamnée à 6 mois de prison au pain et à l'eau avec une amende de 50 livres pour les oeuvres pieuses. Son complice en fut quitte pour l'amende honorable, il aura un écriteau autour du bras, sur lequel est écrit : pour avoir sciemment épousé la femme d'autrui avec une légère amende.

16/2/1561

Place Saint Nicolas, exécution de 3 marins bretons pour assassinat, condamnés à avoir le poing coupé puis à être pendus. Ils furent assistés par les ministres Bruslé et de la Vallée qui firent chanter le psaume 51 de David. Un des marins demanda au ministre de la Vallée : Monsieur de la Montagne, encore une petite chanson. Ce qui fut accordé.

10/2/1568

Sous la menace du siège de La Rochelle par les troupes de Montluc, on égorge 13 prêtres ou religieux emprisonnés dans la tour de la Lanterne, ils sont précipités à la mer. Longtemps la tour de la Lanterne prendra le nom de la tour des Prêtres.

13/1/1574

Condamnation de l'équipage de 3 navires, commandés par Luchani, gentilhomme Lucquois, argentier du roi. Sur les côtes d'Aunis et de Saintonge, ils pillaient les navires qui venaient commercer à La Rochelle.
10 hommes seront pendus sur la petite rive, les autres furent fouettés à tous les cantons de la ville. Luchani et son frère seront exécutés en effigie.

Juin/1593

Le capitaine des Marais natif d'Andilly les Marais et le capitaine la Fraignée de Mauzé furent pendus pour avoir accusé le capitaine Réoque et le seigneur de Saint-Christophe. Leurs corps seront transportés aux fourches patibulaires de Gourville à Saint-Eloi.

Juillet/1593

De soldats, ils sont devenus des brigands, le capitaine Pommeray, gentilhomme du Poitou aura la tête tranchée et ses complices le capitaine Lépine et un de ses acolytes pendus comme des vilains. Ils étaient tous les trois larrons et brigands.

31/8/1593

Un sorcier de Nieul est brûlé vif place d'armes, deux autres avaient été brûlés les jours précédents dont un d'Esnandes qui confessa qu'ils étaient sorciers et en a dénoncé d'autres.

10/9/1598

Une dame de la Personne, ayant étranglé et brûlé un enfant dont elle voulait cacher la naissance, sera dénoncée par ses 2 filles (qui en moururent de regrets). Elle se jeta dans un puits d'où on l'a retirera morte. Le présidial la condamna à être pendue par les pieds sur la place du château. Le lendemain, le corps sera enterré dans les fumiers de la Porte Neuve.

11/12/1608

Nous avons entendu ou chanté cette vieille chanson poitevine :
Toto carabo, toto carabi, compère Guillery, te lairas-tu, te lairas-tu mouri...
Guillery était le surnom d'un bandit-gentilhomme, c'était un vaillant capitaine du duc de Mercoeur. Trop fier, il n'avait pas voulu, contrairement à son maître, se soumettre au roi Henri IV. La paix étant revenue dans le royaume, il se met à la tête d'une bande de brigands dans les forêts du Bas-Poitou dévalisant et assassinant, répandant la terreur dans la région. Il sera arrêté avec quelques complices, condamné à mort et conduit à La Rochelle, il y sera rompu vif sur la roue, place du château.

3/8/1613

Dans la baronnie de Chatelaillon, un jeune homme de Saint Agnant a été brûlé, pour avoir volé, à un enfant de 13 à 14 ans, 75 livres, puis de s'être mis en effort, de le tuer avec un couteau.

29/5/1614

Sieur Villiers séduit une jeune fille en lui promettant le mariage. Puis il refuse de remplir ses engagements, le père de la jeune fille le poursuit devant le présidial qui condamne Villiers à épouser la jeune fille, sinon à être pendu. Il fit appel, le parlement de Paris confirme la sentence. Ramené à La Rochelle, il réussit à s'évader mais il sera repris avec un délai de 8 jours pour s'exécuter. La veille du dernier jour, il accepte le mariage qui a lieu au temple de St Yon le 29/5.

7/3/1628

2 hommes se battent en duel, le maréchal de France la Meilleraie (cousin germain du Cardinal de Richelieu) et la Cotencière-Bessay, gentilhomme du Poitou (un commandant de la brigade des volontaires de la ville). Ils s'affrontèrent sur une pelouse entre Lafond et la porte de Cougnes avec 2 pistolets et une épée. La Cotencière tira le premier, l'amorce du pistolet ne prit pas. La Meilleraie tira ensuite ses deux coups qui n'atteignirent que la crinière du cheval. La Meilleraie attaqua à l'épée la Cotencière qui tira par dessus son épaule et tua le cheval de son adversaire. La Meilleraie resta coincé sous son destrier, des cavaliers voyant la mauvaise posture vinrent le protéger. Le cardinal avait interdit les duels, la Meilleraie avait agi sans autorisation. Le conseil de guerre le condamna à la dégradation et au bannissement de l'armée. Le cardinal le gracia et il reprit son commandement un mois plus tard.

9/5/1628

Un petit enfant de 10 ans, né de la paroisse de Coigne de La Rochelle, est accusé, par un autre enfant de son âge, d'avoir fourni une lettre aux troupes royales. Ce gamin n'a jamais voulu avouer qui lui avait donné cette lettre. Il sera condamné au fouet dans la cour de l'hôtel de ville et devra parcourir la ville avec un flambeau à la main, une corde au cou et quand la sentence sera exécutée banni de la ville.

24/11/1628

Décapitation d'un gentilhomme du Poitou la Grossetière. Le 21/5/1628, il quitte La Rochelle assiégée par les troupes de l'armée royale pour porter du courrier en Angleterre. A son retour au mois d'août il se fait prendre par les troupes de Richelieu. Jean Guiton menace d'user de représailles envers de Feuquières qu'il détient prisonnier si la Grossetière est tué. La Rochelle fut prise, Feuquières libéré, la sentence est exécutée. Sa tête sera mise au bout d'une lance sur la tour de la lanterne et son corps brûlé.

18/12/1628

Pour avoir outragé une femme et mal parlé du roi, un soldat est condamné à être pendu. Le bourreau le pend mais la potence se rompit. Le soldat et le bourreau se retrouvèrent à terre, le soldat n'était pas mort, à la prison on le saigna deux fois, il retrouva la vie. 8 jours après, il fut rependu.

26/9/1661

Le présidial condamne un prêtre nommé gentil, ayant abandonné la religion catholique pour le protestantisme, à 9 années de galères et faire amende honorable. Il était si pauvre qu'on le déchargea de l'amende mais sera livré au bras séculier, déclaré par l'official sacrilège, profanateur des sacrements de son église.

26/7/1700

Pierre Barraud condamné pour vol est pendu place du château à La Rochelle. La corde se rompit bien que le bourreau soutienne que sa corde était neuve. On le crut mort, il se réfugia au couvent des Capucins qui ne voulurent pas le rendre aux autorités se retranchant derrière le droit d'asile. Le ministre d'état écrivit que Barraud ayant été pendu une fois avait satisfait à la justice et qu'il ne devait pas l'être deux.

14/4/1703

Un nommé Latreille, colporteur accusé de vol et de meurtre est soumis à la question. 4 coins de l'extraordinaire étaient déjà entrés lorsqu'ils sautèrent en l'air d'entre les jambes et les brodequins. Miraculeux, le véritable coupable sera découvert et Latreille innocenté.

27/4/1746

L'intendant Barentin condamne 2 protestants, pour avoir construit une chaire pour la prédication.
Le premier est condamné à être battu sur les épaules nues à tous les carrefours de la ville et autres lieux accoutumés et il sera flétri sur l'épaule dextre, sur la place royale, d'un fer chaud en forme de fleur de lys puis banni pour 9 ans.
Le second aura lui 7 ans de bannissement.

26/6/1787

Place royale, 4 individus, accusés d'avoir volé dans un magasin 4 quarts de café, sont condamnés à être pendu et étranglés jusqu'à ce que mort s'en suive. Leurs corps resteront exposé pendant 24h puis transporté aux fourches patibulaires jusqu'à entière consommation
NB : Le châtiment n'était pas uniforme, anciennement on leur coupait l'oreille la première fois, cela s'appelait essoriller. On ne pendait qu'en cas de récidive. La peine la plus courante était le fouet avec la marque de la fleur de lys au fer rouge. Pour les cas graves, on les rouait de coups à vifs, autrement, c'était le bannissement ou une amende. L'emprisonnement n'était que préventif mais non utilisé comme peine.

2/4/1795

La convention condamne à la déportation les sanguinaires Rochelais Billaud-Varennes, Collot d'Herbois et Barrère. Jacques Nicolas Billaud Varennes élèvera jusqu'à la fin de ses jours des perroquets en Guyane, il mourut à Port au Prince en 1819. Il était né le 23/4/1756 à La Rochelle St Barthélémy, avocat plus tard, il écrivit une comédie minable. Il se lia à des criminels de renom pendant la révolution et fut l'un des soutiens de Robespierre et de Danton.

13/11/1817

Sur la place des Cordeliers, exécution des frères Brunet, condamnés le 23/8 par la cour d'assises de Saintes pour avoir assassiné le père, le fils et la fille Bellanger ainsi que leur servante dans la commune d'Esnandes.

31/1/1829

Place des Cordeliers, exécution de Richard pour l'assassinat de Mme Trimouille.